Intéressée par le projet, l'Armée contacte Ader, qui effectue un deuxième vol à bord de l'Éole en septembre 1891. L'appareil impressionne positivement les militaires qui commandent à Ader un second appareil plus puissant.
Ader commence alors la construction d'un second appareil, évolution du premier mais
présentant des similitudes avec l'Éole : l'appareil est monomoteur bicylindre à vapeur
ultra-
Les essais suivants d'Ader furent effectués au camp militaire de Satory, où avait
été établie une aire circulaire de 450 m de diamètre pour effectuer une démonstration
officielle. Le 12 octobre 1897, Ader effectua un premier tour sur ce circuit à bord
de son Avion III. Il sentit à plusieurs reprises l'appareil quitter le sol, puis
reprendre contact. Deux jours plus tard, alors que le vent est fort, Clément Ader
lance sa machine devant deux officiels du ministère de la Guerre qui déclarent à
l'issue de la démonstration : "il fut cependant facile de constater, d'après le sillage
des roues, que l'appareil avait été fréquemment soulevé de l'arrière et que la roue
arrière formant le gouvernail n'avait pas porté constamment sur le sol. ... Les deux
membres de la commission le virent sortir brusquement de la piste, décrire une demi-
"Ader lui-
En 1890, les bases de l'aérodynamique posées par George Cayley étaient connues depuis 30 ans. Félix du Temple et Alphonse Pénaud avaient fait voler avec succès des modèles réduits en 1857 et en 1871 : les configurations stables capables de voler étaient connues. Ader connaissait (par la revue l'Aéronaute) les travaux de ses nombreux prédécesseurs.
Ader avait une imagination exceptionnelle, la volonté d'aboutir, une énorme puissance de travail, des compétences brillantes de dessin, de calcul et de mécanique. Avec l'Eole, il avait prouvé qu'il pouvait et savait mener un projet de A à Z : esquisses, plans, réalisation, essais.
L'Avion était bien construit et léger, il pouvait voler. Ader disposait pour la première fois d'un moteur suffisamment puissant (20 cv) et léger pour entraîner un avion.
Il avait du temps, des moyens financiers personnels importants. Suite aux essais de l'Eole, il avait obtenu par contrat des sommes très importantes de l'armée pour développer, construire et expérimenter un deuxième avion.
Il ignorait apparemment les travaux des pionniers de l'aviation qui avaient, avant lui, fait voler des avions à moteur. Ces pionniers avaient abordé deux points essentiels: la sustentation et la stabilité aérodynamique; par contre la technique de pilotage (par déplacement des poids ou par gouvernes) n'étant pas encore acquise en 1890. Ader ne s'est apparemment jamais préoccupé des deux derniers points.
Au lieu de tirer parti de l'existant et d'analyser en tant qu'ingénieur les forces
en cause (portance, poids, traînée, poussée) et les dispositions permettant un équilibre
stable de ces forces, Ader s'était focalisé sur une imitation géométrique de l'aile
de la chauve-
Il semble qu'il ignorait ou négligeait la mécanique du vol, en particulier l'instabilité aérodynamique des profils porteurs et les effets déstabilisants des mouvements de l'atmosphère. Le simple fait d'avoir organisé les essais de l'Avion III sur une piste circulaire et tenté un vol par vent fort montre qu'il n'avait pas conscience des effets du vent sur l'équilibre et sur le pilotage de la machine .
N'ayant ni plans stabilisateurs séparés ni gouvernes fonctionnelles, ses machines étaient à la fois instables et impilotables. On suppose que dans son esprit la montée et la descente se seraient faites en variant la puissance, et que l'avion aurait été" naturellement" stable en tangage et en roulis. Sur l'Eole, il n'y avait même pas de gouverne de direction. Son brevet de1890 décrit de manière très détaillée la machine mais pas du tout son fonctionnement. En parlant des "appareils ailés futurs", Ader dit que "leurs ailes creuses les supporteront et un propulseur placé à l'avant les fera avancer". Il n'est nulle part question de stabilisateurs et de gouvernes.
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