Pendant ce temps, le Comité Girondin d'Aviation Militaire souhaite organiser la 3ème Grande Semaine de l'Aviation Bordelaise pour la Pentecôte afin de récolter des fonds pour promouvoir l'aéronautique militaire. Marcel Issartier y voit une formidable occasion pour promouvoir le pilotage par le biais de son école et propose d'utiliser son terrain pour les 3 jours de fête. En un mois, la commission donne un avis favorable au lieu proposé par Marcel d'autant que les Bordelais connaissent bien, depuis la Grande Semaine de 1910, ce secteur de Beaudésert. La Presse annonce alors le meeting les dimanche 26, lundi 27 et mardi 28 mai 1912, dont les bénéfices seront reversés aux avions militaires. De nombreux aménagements sont réalisés avec l'aide de l'armée pour préparer ce grand moment. Le dimanche 26 mai 1912 commence donc le meeting qui se veut une grande fête populaire : les voitures, les charrettes, les tramways partant de Mérignac sont bondés de voyageurs. On arrive en train jusqu'à Bordeaux. On vient à Mérignac en voiture, à pied, à cheval, en vélo dans un mouvement ininterrompu durant quelques fois jusqu'à 3 heures. Les conditions météorologiques sont idéales. Les aviateurs Prévost, Moineau, Bonnier, Molla, Kuhling et Chambenois sans oublier Issartier exécutent les vols et se font une joie d'emmener des personnes à bord de leur avion.
La manifestation aura largement dépassé le but premier qui était de récolter des fonds. Sur les trois jours, elle a rassemblé environ 50 000 curieux. Un mois après l'achat de son terrain, à l'âge de 24 ans, Marcel Issartier venait de faire une promotion incroyable de son école au travers de cette semaine dont il fut un des principaux organisateurs.
Suite à cette semaine, l'école de Mérignac compte à présent 3 élèves en juillet 1912 : Giraud, Bentéjac et Dupont qui sera le premier à passer avec succès le brevet d'aviateur le jour de Pâques 1913. Pendant ce temps, notre pionnier n'a cessé de promouvoir l'aéronautique en participant à différents meeting dans tout le Sud Ouest :
meeting de Sainte-
meeting de Marmande les 14 et 15 juillet 1912
meeting de Sarcignan 15 août 1912
meeting de Chasseneuil les 13 et 14 octobre 1912
meeting de Biarritz le 27 octobre 1912
meeting de Mérignac 8 septembre 12 et 23-
meeting de Mussidan le 26 octobre 1913
Durant été 1913, malgré les difficultés de l'entreprise Deperdussin, Marcel Issartier fait l'acquisition d'un hydroplane (hydravion), un triplace Deperdussin équipé d'un moteur Anzani 10 cylindres 100HP pour lequel il fait construire un hangar situé sur les quais des Queyries, au creux du méandre sur la rive droite des bords de Garonne. En août 1913, Marcel est le premier à utiliser la Garonne comme plan d'eau pour son hydroplane. Il finit par prendre une telle aisance aux commandes qu'il décide d'inviter des personnes qui voudraient faire une ascension en hydroplane.
Le 20 septembre 1913, pour fêter la venue du Président de la République Raymond Poincaré,
Marcel fait un vol le long de la Garonne pour venir le saluer au-
En août 1914, la France entre en guerre. Marcel Issartier se voit mobilisé, d'abord à Libourne, puis sur la base militaire d'Avord, près de Bourges. Cette école d'aviation, où on pilote essentiellement des Voisin ou Maurice Farman, est considérée comme établissement d'application. Marcel fait ainsi valider par les autorités militaires son brevet de pilote civil. Expérimenté, Marcel Issartier réceptionne des avions autrement dit il devient pilote d'essai.
Le 23 novembre 1914, vers les 15h aux abords du camp d'Avord, alors que Marcel effectue
un vol classique, en sortant d'un nuage, il s'apprête à atterrir, voit des soldats
en manœuvres juste au-
L'évènement et surtout ses obsèques furent évoqués au sein de la Presse. Aimé de
tous, c'est en la petite église de Cours-
Le frère de Marcel, Raoul, souffrit alors d'un excès d'affection de sa mère qui finit par étouffer sa personnalité, le rendant timide et introverti. Le père, bien que rentier, continua à s'occuper des terres jusqu'à son décès en 1935, remportant des concours agricoles pour la pertinence de l'utilisation des engins mécaniques. Le domaine perdit ensuite peu à peu de son charme par manque d'entretien. Raoul décéda en 1947 à l'âge de 59 ans à la maison de santé protestante de Bagatelle de Talence[14], près de Bordeaux. Maria Dedouvre finit ses jours difficilement, en restant dans une maison qui se dégradait petit à petit.
Ni Marcel ni Raoul n'ayant eu d'enfants, il n'y a aucune descendance directe, pas même du coté du Maire de Monségur, Henri Issartier, l'oncle de Clément Issartier. Le patronyme Issartier lié à cette famille ne fut pas oublié dans le Monségurais, mais les Bordelais ignorent encore à qui ils doivent la création de leur aéroport.
En 1917, l'armée américaine arrive à Bordeaux et installe des hôpitaux sur le terrain de Marcel Issartier. Le terrain aurait ensuite été classé comme aérodrome d'état à usage civil en 1922. En 1935, par arrêté militaire, la création d'une base aérienne militaire mixte est décidée sur l'aérodrome de Teynac.
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