ACCUEIL.
DOCUMENTATION.
FILMS.
MEETINGS.
PHOTOS - VIDEOS.
SIMULATION.
PHILATELIE.
PATCHS INSIGNES.
BLOG - COMMENTAIRE.
LIENS.

Ernst UDET

La vie de cet homme fut relativement brève, 45 ans, mais d’une intensité inégalable ; il fut successivement ou à la fois, as de la Première Guerre mondiale, constructeur d’avions, pilote de voltige, pilote de cinéma, pilote d’essai, général de la Luftwaffe, mais aussi acteur, caricaturiste, écrivain. Cette vie si riche fut entièrement consacrée à l’aviation et à une seule passion : voler. Sa vie est aussi un drame, celle d’un homme doué, bon vivant, adulé par le public que ses fréquentations nazies conduisirent au suicide. Ce drame personnel est le reflet exact du drame que vécut l’Allemagne en proie au même mal, pendant le même laps de temps.

 

Ernst Udet est né le 26 avril 1896 à Francfort dans une famille bourgeoise mais grandit à Munich. Très tôt il est fasciné par l’aviation et construit des maquettes volantes. En 1914, il désire s’engager dans l’armée mais il est refusé à cause de sa petite taille (1m60). Possédant une motocyclette, il réussit à se faire enrôler par l’intermédiaire de l’Automobile club allemand qui recrute des estafettes pour le front. Quand ce corps est dissous, il essaye de réintégrer l’armée mais en vain. Il passe alors son brevet de pilote privé en avril 1915 ce qui lui permet de rejoindre l’aviation militaire. Il est muté à l’escadrille d’observation 206 et reçoit la Croix de fer pour avoir ramené à la base son appareil endommagé. Plus tard, après une autre péripétie où il s’en sort encore à son avantage, on lui permet de passer dans la chasse. Il est muté à Habsheim et vole sur Fokker E-III. Après des débuts laborieux et ayant surmonté sa peur, il abat son premier avion le 18 mars 1916. A la Jasta 15, il abat cinq autres avions. Pendant son service dans cette escadrille, il déclare avoir été épargné lors d’un duel aérien, par Guynemer qu’il identifie par le mot « Vieux... » (comme :Vieux Charles) marqué sur le fuselage du SPAD. Udet rejoint la Jasta 37 en juin 1917 et son adresse le fait nommer à la tête de cette escadrille. Quand il obtient vingt victoires, il se fait remarquer par von Richthofen qui lui propose de rejoindre son Geschwader et finit par lui confier la Jasta 11, sa propre escadrille, insigne honneur. Le jour de la mort du baron, en avril 1918, Udet est en permission de convalescence après une infection d’oreille, fréquente chez les pilotes d’alors. Il avait reçu au début du mois l’ordre « Pour le Mérite », décoration qui lui fit autant de plaisir qu’à sa fiancée Eleonore Zink. Il va d’ailleurs inscrire son surnom « Lo » sur tous ses avions. Sur la gouverne de profondeur de son Fokker D VII, il fait également peindre le message : « Du doch nicht !! » (Toi, certainement pas ! ) à l’adresse de tout adversaire voulant se placer dans sa queue. Bien qu’à moitié guéri, il retourne au combat et rejoint le JG 1 où il commande la Jasta 4. Le 29 juin, il se fait descendre par un Breguet et il est un des tout premiers pilotes à sauter en parachute. Le lieutenant Udet finit la guerre avec 62 victoires qui en font le deuxième as derrière von Richthofen.

 

Dans une Allemagne livrée aux révolutionnaires de tout bord, Udet essaye de survivre en volant. Avec Ritter von Greim il participe à un meeting au profit des prisonniers de guerre. Mais ces exhibitions cessèrent avec l’entrée en vigueur du traité de Versailles. Le 20 mars 1920, Udet se marie avec son amie Lo Zink. Ce mariage va durer deux ans seulement. Udet n’est pas fait pour la vie de famille. Sa chance lui sourit quand un américain qui avait entendu parler de lui, lui propose de construire un petit avion de tourisme accessible à tous. Il fallut d’abord se cacher jusqu’à ce que l’interdiction faite à l’Allemagne d’avoir des avions civils soit levée en février 1922. Le premier avion d’ Udet Flugzeugbau est un petit monoplan à aile basse équipé d’un moteur de 30 ch. Ses autres avions gagnent plusieurs concours d’endurance, mais le plus connu est le U12 Flamingo qui est vendu aux écoles de l’aviation civile et construit sous licence en Hongrie et en Lettonie. Mais la construction d’un quadrimoteur, le U11 « Condor », qui ne se vend pas, précipite la firme dans des difficultés financières inextricables et doit déposer son bilan ; Udet l’avait déjà quittée avant, en 1924. Sur le conseil de son ami Angermund, il reprend son travail de pilote de voltige itinérant comme en 1919, aux commandes d’un Flamingo. Le succès est au rendez vous et le nom d’Udet déjà connu pendant la guerre, est affiché dans toute l’Allemagne et l’Autriche. A cela s’ajoutent le transport de passagers, les vols publicitaires (il a mis au point un nouveau procédé de remorquage des banderoles). Ses facéties tant dans les hôtels que dans les airs sont innombrables ; à Munich, il passe entre les tours de la Frauenkirche, vole sous le pont Bogenhausener. Il s’intéresse également au vol en montagne et se pose sur le plateau du Zugspitze. En 1928, il fait paraître un recueil de caricatures, un art où il excelle.

 

La crise de 1929 frappe une Allemagne dont l’économie est déjà mal en point, et même Udet en ressent les conséquences avec une baisse de ses recettes. Il est alors contacté par le Dr Arnold Fanck spécialiste des films de montagnes. Il est embauché pour le film « Die weiBe Hölle von Piz Palü », avec Leni Riefenstahl et Gustav Diessl. Sa prestation est unanimement saluée et certains vont jusqu’à dire que ses vols à couper le souffle ne sont que des truquages ! En 1930, Fanck fait de nouveau appel à lui pour « Stürme über dem Mont-Blanc » où il troque son Flamingo contre un Klemm L25. Quelques mois plus tard, il part en Afrique, pour le Serengeti où il tourne un film mi fiction, mi documentaire : « Fremde Vögel über Afrika » qui est l’occasion de maintes aventures. Ayant décidé de rentrer en Allemagne en avion, il tombe en panne et doit se poser en pleine brousse. Il est secouru par les Anglais de Khartoum, commandés par un certain Sholto Douglas, le futur chef du Fighter Command en 1940. En 1932, toujours en compagnie de ses amis Arnold Fanck, Leni Riefenstahl et Gustav Diessl, il se rend au Groenland pour y tourner « SOS Iceberg ». Le tournage est éprouvant et Udet fait plus de 400 atterrissages entre glaçons et icebergs, sans compter des bains forcés dans de l’eau à zéro degré.

 

 

 

 

 

1896 - 1941

INDEX GENERAL

SUITE

ERNST UDET 1